Reportage photo réalisé pour l’ESJ. Ils sont luthier, facteur d’orgue, accordeur de piano ou réparateur d’instruments à vent. Tous travaillent de leurs mains au service de la musique.
RÉMI VALEMBOIS ET JEAN-PASCAL MALADRY, FACTEURS DE PIANOS

1. À Lille-Moulins, derrière une banale façade d’entrepôt se cache un atelier de facteur de pianos. Pianos droit, comme ici, pianos à queue et clavecin sont ouverts, démontés puis restaurés.

2. Rémi Valembois a 27 ans. Il travaille depuis ses débuts pour la même entreprise.

3. Seul dans le grand atelier, il ajuste l’un après l’autre les 88 marteaux du clavier qu’il restaure.

4. « C’est un travail de précision qui se fait au toucher et au tournevis », explique Rémi Valembois.

5. « Pas besoin de savoir jouer pour s’occuper d’un piano », dit Rémi Valembois, tout en testant la souplesse de chaque touche.

6. Intérieur d’un piano.

7. Jean-Pascal Maladry, 47 ans, est le patron de Rémi Valembois. Lui travaille en boutique, dans le Vieux-Lille, et chez les clients. Il vend, loue et accorde des pianos.

8. « J’ai commencé à 16 ans », raconte Jean-Pascal Maladry. « Déjà tout petit, quand l’accordeur venait à la maison, ça me fascinait. » L’accordeur explique que rien ne peut remplacer l’oreille humaine.
ANTOINE PASCAL, FACTEUR D’ORGUE

9. Antoine Pascal, 46 ans, est facteur d’orgue. Son père et son grand-père l’étaient avant lui. Il termine la maintenance d’un imposant orgue à Douai, et s’assure que tous les jeux fonctionnent.

10. La console de l’orgue de la collégiale Saint-Pierre de Douai

11. Le pédalier de l’orgue est comme un cinquième clavier. Il permet aussi d’actionner des jeux avec les pieds, et de faire varier le volume sonore de l’instrument, grâce aux deux pédales en haut à gauche.

12. Les tirants. Chacun permet d’ouvrir ou de fermer un jeu de l’orgue.

13. Avec une pédale spéciale, l’organiste peut ouvrir ou fermer les volets (rouges) de la grande boîte où se trouvent ces jeux, et ainsi faire varier le volume sonore, pour un crescendo, par exemple.

14. Les tuyaux que l’on voit depuis l’intérieur de l’église ne sont qu’une infime partie de l’orgue. Celui-ci en compte au total 4 500, et Antoine Pascal sait les différencier à l’œil comme à l’oreille.

15. Une note reste bloquée. C’est une vergette, une tige de bois assurant la transmission entre le clavier et le tuyau, qu’il faut régler.

16. Travail à la lampe frontale, le corps à l’horizontale.

17. Construit en 1914, l’orgue a été détruit à la fin de la 1ère Guerre mondiale. La famille Pascal en assure la restauration depuis

18. L’orgue de la collégiale Saint-Pierre de Douai est un Mutin-Cavaillé Coll, une marque mythique de la facture d’orgue française.

19. Facteur d’orgue à la console.

20. La collégiale Saint-Pierre de Douai est une église en travaux. Ce soir-là, la seule source de lumière provient de l’intérieur de l’orgue.

21. Le buffet de l’orgue.
DANIEL OGER, LUTHIER

22. Daniel Oger avec une guitare basse. « Je répare trois ou quatre instruments en même temps », explique le luthier. « Je fabrique aussi, sur commande, mais c’est plus rare. »

23. Sur cette guitare, Daniel Oger fait un refrettage : il change les barres qui jalonnent le manche de l’instrument.

24. Deux guitares classiques et un ukulélé.

25. Test et accord d’une guitare basse.

26. Dans son atelier, le luthier Daniel Oger entretient aussi des guitares électriques, des mandolines, et des instruments plus rares comme une bandura ukrainienne.

27. Têtes de guitares.

28. Travail sur une guitare basse.

29. Daniel Oger au travail sur une guitare classique.

30. « J’ai un peu de tout. Surtout du foutoir ! », plaisante Daniel Ogier à propos de son atelier.
MARC BATTEAU, RÉPARATEUR D’INSTRUMENTS À VENT

31. Marc Batteau, 31 ans, répare des instruments à vent. « On démonte, on nettoie tout, on refait les réglages. »

32. Restauration d’un saxophone. Marc Batteau utilise une barre lumineuse pour repérer les fuites d’air.

33. Nettoyage d’un saxophone avec une anche.

34. La révision d’un saxophone peut nécessiter de retirer toutes ses clés. En plus des tampons, on peut changer les ressorts, et même lustrer le métal pour que l’instrument brille à nouveau.

35. Un saxophone soprano sans ses clés ni son bec.

36. Un saxophone doit être révisé tous les deux ou trois ans. Cela va du changement des tampons, avec une colle que l’on chauffe, au travail du métal quand il a pris un coup. Pour Lionel Pierru, le patron de l’entreprise, « c’est comme un travail de carrossier ».

37. D’autres fois, il faut ressouder certains éléments de métal, par cet outil qui allie gaz et air. « Mais il faut faire attention à la température, prévient Marc Batteau. Si c’est trop chaud, on découpe le métal. »

38. Becs de saxophones soprano, alto, ténor, baryton.

39. « On ne peut pas imaginer de rendre un instrument révisé sans l’avoir joué », assure Marc Batteau. Une à une, il ferme et rouvre chaque clé du saxophone pour jouer toutes les notes.